Analyse | Cinq observations après les cinq premiers Grands Prix de la saison
Le calendrier de F1 nous offrira au total 24 week-ends de course. Devant la pause de deux semaines avant le retour des activités à Miami, voici quelques leçons retenues du presque premier quart de saison. Il y a un peu moins d’un an, Lando Norris signait la première victoire de sa carrière en Grand Prix. C’était aussi le début du virage vers la domination de McLaren, qui s’est soldée par un titre au championnat des constructeurs pour l’écurie papaye, et une course au titre des pilotes dont le suspense a tenu presque jusqu’à la fin. Après cinq courses, il y a consensus autant parmi les pilotes que dans la presse spécialisée : la meilleure voiture est la McLaren MCL39. Sur les 15 places de podium décernées jusqu’ici, Oscar Piastri et Lando Norris en ont pris 8. McLaren a entamé la saison avec l’intention de laisser les deux pilotes s’expliquer en piste, contrairement à l’an passé, quand Andrea Stella avait dit que Piastri allait aider la cause de Norris au championnat des pilotes. Mais la saison est encore jeune, et un certain pilote néerlandais pourrait encore jouer les trouble-fêtes… McLaren compte sur deux pilotes no 1 avec Oscar Piastri et Lando Norris. Photo : AFP / NATALIA KOLESNIKOVA Ne devient pas quadruple champion du monde de F1 qui veut. Ce début de saison donne encore des arguments à ceux qui veulent élever Max Verstappen parmi les tout grands pilotes de l’histoire du sport mécanique. De l’aveu même du Néerlandais, la Red Bull de cette année est plus difficile à conduire. Et pourtant, il a soutiré deux poles positions spectaculaires aux McLaren. Max Verstappen essaie vraiment de nous convaincre du contraire, mais il est encore dans le coup pour le titre mondial. Une course à la fois, donc. Si jamais il veut changer de carrière, Verstappen a en tout cas l’attitude qu’il lui faudrait pour être un hockeyeur professionnel. Derrière les performances des McLaren, c’est davantage le perpétuel roman-savon de Red Bull qui a animé le début de saison. De l’aveu de l’équipe elle-même, la RB21, la voiture de cette année, est particulièrement capricieuse. Il ne suffit pas d’être téméraire, il faut un style de conduite très spécifique pour en tirer de bonnes performances. Une tendance que Sergio Pérez avait décelée il y a déjà plus d’un an, et qui a maintenant fait les frais de la promotion de Liam Lawson. Le Japonais Yuki Tsunoda semble mieux tirer son épingle du jeu, mais surtout, on peut remercier Red Bull de brasser un peu la proverbiale soupe dans laquelle baignent les pilotes. Fut un temps, lointain, où les pilotes de F1 participaient à des courses de formule 2, ou d’endurance, ou de voiture de sport, même au courant du championnat. Chaque fois, c’était une source d’information supplémentaire sur la qualité de ces pilotes puisqu’ils étaient mis dans un contexte différent. C’était le cas avec Pierre Gasly et Alex Albon en 2019, et cette année, ce sont Lawson et Yuki Tsunoda qui auront l’occasion de faire leurs preuves dans deux voitures différentes. Red Bull profite de cette situation particulière d’avoir deux écuries à sa disposition pour faire valser ses pilotes, et donne au public quelques indices de plus sur la valeur de leurs pilotes. Liam Lawson a brièvement fait équipe avec Max Verstappen en 2025. Photo : Getty Images / Mark Thompson L’ambiguïté dans la question est intentionnelle. Hamilton a secoué la planète F1 quand il a annoncé son départ de Mercedes, avec qui il a développé l’un des partenariats les plus dominants de l’histoire du sport, pour aller chez Ferrari. Sur la piste, l’intention était de rejoindre une équipe sur la pente ascendante, qui pourrait lui offrir un huitième titre, ce qui lui en donnerait un de plus que l’illustre Schumacher pour le record absolu. Après cinq courses, qui croit encore que ce titre viendra? Hamilton a gagné une course sprint, certes, mais c’est tout. La saison est longue et le peloton est serré, mais à chaque course, dans les entrevues et dans ses communications, on sent que la sauce ne prend pas. Encore après l'arrêt à Jeddah, Hamilton a dit qu’il avait de la difficulté à ressentir la voiture. Ouf! Chez Ferrari aussi, on y va une période à la fois. Lewis Hamilton peine à trouver son rythme chez Ferrari. Photo : Getty Images / Alex Pantling Après cinq titres avec Ferrari, Schumacher est revenu en piste avec Mercedes, une équipe qui était sur le point de devenir sérieuse… mais il n’a pu remonter sur le podium qu’une seule fois. Une victoire en Grand Prix, même une seule, pourrait tout changer. Et si Pastor Maldonado a pu le faire, nous ne voyons pas comment dans les deux prochaines années, la providence ne pourrait pas sourire une autre fois à Lewis Hamilton. Mais un autre titre mondial? À chaque course qui passe, le rêve s’éloigne peu à peu. Parlant de rêves qui s’éloignent : gros coup de nostalgie dans le monde de la F1, tout juste avant le début de la saison, quand des rumeurs commençaient à circuler au sujet du retour des moteurs V10 – et l’abandon de la motorisation hybride. Finalement, autant les V10 faisaient du bruit, autant le projet semble être abandonné dans le silence. Une nouvelle révolution approche en F1, dès l’an prochain, avec un nouveau règlement aérodynamique, des nouvelles dimensions pour les voitures et une nouvelle motorisation. Les fournisseurs moteurs pour 2026 sont Ferrari, Mercedes, Ford, Audi, Cadillac et Honda. Certains sont bien établis, d’autres (Audi, Ford et Cadillac, qui aura son propre moteur en 2027) sont nouveaux et ont commencé à plancher sur leurs moteurs il y a des mois, voire des années, sur un modèle hybride qui développerait 50 % de sa puissance avec un moteur thermique et 50 % avec un moteur électrique. Tout ça s’inscrit dans une volonté de faire de la formule 1 un sport un peu plus vert. Le hic, c’est que certains motoristes n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs de performance. C’est là que le murmure des V10, qui abandonneraient complètement la formule hybride, a commencé à circuler. Plus qu’un murmure, l’idée a notamment fait son chemin par une publication officielle du président de la FIA, Mohamed Ben Sulayem, qui n’est pas à une déclaration choc ou une controverse près. D’un point de vue strictement optique, difficile de ne pas voir une motorisation 100 % thermique comme un recul pour l’objectif environnemental de la F1 – sauf que la décision était compensée par l’utilisation de carburants renouvelables. Ensuite – et ceci est aussi vrai pour les voitures de tous les jours – une motorisation électrique, à part entière ou non, n’est pas forcément plus verte, si on prend en compte l’exploitation des minéraux rares nécessaires pour les batteries et le poids plus important des véhicules, à puissance égale, ce qui entraîne une plus grande détérioration des pneus et du revêtement sur lequel ils roulent, notamment. L’argument, d’un point de vue des relations publiques, reste difficile à vendre. Kimi Raikkonen et Giancarlo Fisichella sont en action au Grand Prix du Japon en 2005, dernière année des moteurs V10. Photo : AFP / KAZUHIRO NOGI Une motorisation V10 classique aurait ouvert la porte à des voitures plus légères, plus nerveuses, plus sportives. De quoi régaler les puristes et, qui sait, animer le spectacle en piste, qui est cruellement rare encore cette année. Un moteur plus simple serait aussi plus facile à développer à moindre coût pour les manufacturiers. Sans parler de la sonorité unique, proche d’un avion de chasse de la Seconde Guerre mondiale, enivrant pour certains, assourdissant pour tous. Tout ça s’est évanoui avec un vote des motoristes, qui ont non seulement des moteurs de formule 1 à préparer, mais aussi des voitures à vendre au public, là où le virage électrique est déjà bien engagé. La F1 promet une autre évolution du règlement technique en 2030. Peut-être que les V10 reviendront sur la table à ce moment. McLaren, comme prévu

Une chance qu’il y a Red Bull, partie 1
En ce moment, nous ne sommes pas les plus rapides, donc c’est difficile de se battre pour le championnat. Mais l’an passé ici [à Jeddah] tout allait bien et on sait comment ça s’est terminé.
Une chance qu’il y a aussi Racing Bulls

Est-ce que Lewis Hamilton est le nouveau Michael Schumacher?
Il n’y a pas un problème spécifique que je peux cibler.
Je ne sais pas combien de temps je serai à la traîne, mais c’est assurément douloureux. Il faut qu’on essaie de s’améliorer de semaine en semaine.

Le mirage des V10
Les discussions positives autour du sport, à l’aube du règlement 2026, doivent porter sur l’avenir du sport et mener la charge pour le développement des technologies d’avenir en sport automobile. Cela devrait inclure une multitude d’avenues, y compris le retour des V10 rugissants avec un carburant renouvelable.

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